Gynécologie

La fertilité, c’est quoi ?

de la puberté à la ménopause, la femme fonctionne selon un rythme cyclique, déterminé par ses hormones sexuelles, estrogènes et progestérone, qui sont sécrétées par les ovaires. Ce cycle est régulé par des hormones cérébrales (appelées gonadotropes), produites par un système de glandes, hypothalamo-hypophysaire : la FSH (l’hormone folliculo-stimulante) et la LH (l’hormone lutéinisante).

simple non ?

Les ovaires abritent la cellule reproductrice (aka l’ovocyte) : sous l’influence de la FSH, l’estrogène augmente, l’ovocyte mûrit et grandit dans le follicule (une espèce de « poche » présente dans l’ovaire, en échographie c’est une petite « boule » noire) qui s’ouvre pour libérer l’ovocyte arrivé à maturité : c’est l’ovulation, qui est déclenchée par le pic de la LH.

les petites boules noires à l’échographie ce sont des follicules.. notez qu’ici, la patiente en a beaucoup 😉

les hormones « gonadotropes » (FSH et LH) sont produites et leur sécrétion est régulée, par un combo de 2 glandes (l’hypothalamus et l’hypophyse) situées dans le cerveau. Ces hormones gonadotropes (FSH et LH) contrôlent, elles, la sécrétion des hormones ovariennes (estrogène E2 et progestérone). Les médicaments utilisés en PMA (procréation médicalement assistée) imitent l’action de ces hormones.

l’hypothalamus au dessus

et

l’hypophyse est juste en dessous, juste à l’intersection d’une ligne passant perpendiculaire à la tempe (comme le geste il est fou celui-là) et d’une ligne passant juste entre les 2 yeux

Ce follicule, qui a ovulé, se transforme (donc après l’expulsion de l’ovocyte) en corps jaune (car il apparaît jaune lorsqu’on le voit en cœlioscopie pex), qui va sécréter ses hormones, lui-même, dès lors : de l’estradiol et de la progestérone pour maintenir le « climat optimal » en cas d’embryon.

Par contre, leurs taux vont ensuite diminuer si la fécondation n’a pas eu lieu (et donc pas de « bébé » ce mois-là), leur chute (que l’on peut mesurer dans le sang) à la fin du cycle et leur retour à « zéro » vont précipiter l’arrivée des règles, qui permettent ainsi de recommencer un cycle (on fait place neuve).

Les hormones féminines sont à leur max une semaine après l’ovulation = condition idéale et optimale pour une implantation (naturelle) de l’embryon qui arrive dans la cavité utérine. En effet, la fécondation, c’est-à-dire la formation du futur embryon, se fait proche de l’ovaire, dans la trompe et non dans la cavité utérine.

tout ceci ne se passe pas en même temps évidemment …

Le cycle féminin est donc et ovarien et utérin.

On parle de 2 phases du cycle :

  • La première, qui dure 12 à 18 jours (pour des cycles de 26 à 32 jours) est celle de la croissance des follicules (on l’appelle folliculaire d’ailleurs) et est sous la dominance de la FSH
  • La seconde, dite lutéale (sous la dominance de la progestérone et démarrée grâce au pic de LH) débute le jour de l’ovulation et dure 14 jours (c’est une durée relativement constante pour chaque cycle).

ceci se passe au niveau des ovaires mais aussi au niveau de l’utérus. En effet, celui-ci change aussi : sa paroi interne (que nous, les gynéco, appelons souvent la cavité utérine) est tapissée d’une muqueuse, aka l’endomètre, qui va s’épaissir jusqu’au moment de l’ovulation et ensuite se transformer pour accueillir au mieux l’embryon qui pourrait arriver (= et permettre son implantation), il devient sécrétoire . Les règles ne sont que l’évacuation de l’endomètre devenu inutile faute de grossesse (c’est-à-dire, si vous me suivez, d’un embryon qui se serait fait une petite place confortable).

petit rappel anatomique

sur les côtés : les trompes et les ovaires

au centre la cavité utérine

entre l’utérus et le vagin : le col

la porte vers l’extérieur : la vagin

Enfin, la glaire cervicale ( = le mucus qui est fabriqué par les cellules du col) va aussi évoluer en fonction du cycle : elle devient plus fluide et filante en période ovulatoire ( = qui est liée à l’ovulation.. c’est quelle hormone encore ? 1) et facilite ainsi grandement la progression des spermatozoïdes dans le col (d’autant plus qu’il s’ouvre). D’où viennent-ils ceux-là ? ….. ah ahah oui, oui du vagin, bien-sûr, et ont été soit éjaculés (lors d’un rapport sexuel) soit inoculés (avec une seringue pex si vous ne souhaitez pas avoir de pénétration soit aussi via une pipelle lors d’une procréation médicalement assistée).

le glaire devient + fluide et filante … comme du blanc d’œuf

les modifications physiologiques de la glaire cervicale sont à la base d’une méthode contraceptive naturelle, la symptothermie : une méthode d’observation du cycle féminin basée sur la température et la glaire cervicale, qui permet de gérer sa fertilité (https://www.sympto.org/3/fr/)

vous la connaissez cette image ? C’est parti mon kiki …

À partir du col, je vous rappelle que les spermatozoïdes doivent ensuite traverser la cavité utérine, choisir une trompe et arriver au contact de l’ovaire : c’est le + rapide et le + vaillant (car il doit encore traverser la paroi cellulaire de l’ovocyte) qui gagne.

De fameux gaillards, qui vont profiter de cette glaire de mi-cycle pour reprendre des forces. En dehors de l’ovulation, la glaire est + épaisse et le col est virtuellement fermé.

c’est le + rapide et le + vaillant qui gagne

Au cours de ce cycle complet, un ovocyte est donc formé, s’il est fécondé au bon moment, dans de bonnes conditions (hormonales, anatomiques, non inflammatoires…etc), il peut y avoir une grossesse; il existe en plus, une « fenêtre de fécondabilité », qui est étroite pour l’ovocyte que de quelques heures suivant l’ovulation. Les spermatozoïdes, quant à eux, sont féconds + longtemps (3 à 5 jours en moyenne). Il ne faut donc pas « viser » à tout prix ces quelques heures … ouf !

L’homme, lui n’est pas rythmé par des cycles. Ses organes génitaux produisent leurs spermatozoïdes de la puberté jusqu’à la fin de sa vie (…euh faut pas croire pour autant qu’un homme n’a pas, lui aussi, d’horloge biologique… ses chances de concevoir sont de 78 % dans les 6 mois avant 25 ans, et de 58 % après 35 ans et le risque de fausse-couche augmente aussi avec l’âge du père - cf notions sur la (préservation de la) fertilité).

La spermatogénèse ou le petit nom de la production des spermatozoïdes est sous l’influence et la gestion des hormones masculines : la testostérone et les fameuses gonadotrophine hypothalamo-hypophysaires. Ce système se met lui aussi en place à partir de la puberté.

Si chez la femme, un ovocyte (à la rigueur 2) est libéré à chaque cycle, chez l’homme, ce sont des millions de spermatozoïdes qui sont expulsés à chaque éjaculation, dont seuls quelques milliers vont arriver au niveau du col lors d’une pénétration et progresser vers les trompes pour y rencontrer l’ovocyte.

beaucoup plus profond, plus fondamental, est le besoin d’être unique pour être vraiment (Albert Jacquard)

Si Toutes les étapes de ce cycle peuvent être étudiées, mesurées (bilans de fertilité), bien des mystères notamment au niveau de l’implantation (c’est quoi encore ? 2 ) persistent et sont l’objet de nombreuses recherches … la fertilité n’est pas encore élucidée et reste encore magique…

je terminerai par une petite citation de Maya Angelou

la vie ne se mesure pas au nombre de respirations que nous prenons, mais aux moments qui nous coupent le souffle

Petite mise en garde :

pour utiliser la symptothermie, il faut un cycle relativement régulier et être bien formé.e … n’utilisez en aucun cas cette méthode si vous ne souhaitez pas de bébé et si vous n’êtes pas suffisamment informé.e.

Ce n’est pas une méthode contraceptive qui protège contre les maladies sexuellement transmissibles

pour finir c’est quoi la Check-list ? 3

réponses aux questions …

1l’hormone liée à l’ovulation : la LH et son pic

2l’implantation : c’est le moment où l’embryon prend place dans l’endomètre sécrétoire et se fait un petit nid douillet

3 il faut ovuler et donc avoir au moins 1 ovaire et un système hormonal qui gère le cocktail hormonal.

il faut un utérus (une belle cavité et un endomètre douillet) et un col (et une bonne glaire )

il faut au moins une trompe qui permet la rencontre entre l’ovocyte et les spermatozoïdes (cette trompe n’est pas toujours celle du côté de l’ovaire qui ovule).

du côté masculin : au moins 1 testicule qui produit au moins un spermatozoïde vaillant et allant dans le bon sens 😉 et les hormones qui gèrent tout cela

Le texte est de Vinciane Biernaux. Si vous l’utilisez, merci de créditer l’auteur.